RECHERCHE

Pour GOUTTE A GOUTTE, Sylvain Vincendeau a utilisé une technique élaborée par Pierre Hébert pour être encore plus complice du spectacle vivant : le grattage sur pellicule en direct.

La gravure et le dessin sur pellicule (animation sans caméra) ont été popularisé grâce au travail du canadien Norman Mac Laren. Par la suite, le canadien Pierre Hébert a adapté cette technique à une création en direct. La problématique principale soulevée par Pierre Hébert au sujet de cette technique de l’instant est l’extrême tension du corps pour traverser le discontinu (la métrique constitutive du film) avec le continu de la vie. (in Pierre Hébert, l’homme animé de Marcel Jean).
Ainsi, de la même manière, le réalisateur Len Lye parlait volontiers de kinesthésie au sujet de sa recherche afin de faire sentir et de maîtriser les mouvements par une perception interne de son corps. Il soutenait que le succès des stars du cinéma commercial tenait non pas tant à leur façon de bouger en tant que telle, mais à leur capacité d’induire chez les regardeurs une expérience kinesthésique forte.

Sylvain Vincendeau, dans Goutte à goutte, a essayé modestement de se situer dans les traces de ces trois grands noms du cinéma. Une façon de rencontrer le spectacle vivant et le travail de la compagnie Songes qui ne touche justement à ce travail sur la kinesthésie.